{"id":6555,"date":"2026-10-15T19:42:00","date_gmt":"2026-10-15T17:42:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.asei.eu\/it\/?p=6555"},"modified":"2025-05-22T17:03:12","modified_gmt":"2025-05-22T15:03:12","slug":"femmes-italiennes-dans-la-litterature-de-belgique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.asei.eu\/it\/2026\/10\/femmes-italiennes-dans-la-litterature-de-belgique\/","title":{"rendered":"Femmes italiennes dans la litt\u00e9rature de Belgique"},"content":{"rendered":"<p>Il y a presque trente ans paraissait une <em>Anthologie de la litt\u00e9rature des Italiens de Belgique<\/em> [1]. L\u2019ouvrage pr\u00e9sentait plus de deux cents livres publi\u00e9s, ayant en commun d\u2019avoir pour auteur(e)s des Italien(ne)s de Belgique.<br \/>\nParmi ces 70 auteur(e)s nous n\u2019avions pas recens\u00e9 s\u00e9par\u00e9ment les femmes. Il nous semblait qu\u2019ils et elles \u00e9taient simplement des \u00e9crivain(e)s. Nous adoptions le point de vue de Nathalie Sarraute pour laquelle il n\u2019y a pas d\u2019\u00e9criture f\u00e9minine.<br \/>\nMonique Wittig, pionni\u00e8re en France du Mouvement de la Lib\u00e9ration des femmes, pensait aussi qu\u2019on est simplement \u00ab\u00e9crivain ou pas\u00bb. Elle refusait le discours \u2013 aujourd\u2019hui \u00e0 la mode \u2013 selon lequel des femmes g\u00e9niales ont \u00e9t\u00e9 exclues du \u201ccanon\u201d des \u00e9crivains parce que femmes. Pour elle, cette id\u00e9e proc\u00e9dait d\u2019une th\u00e9orie de la victimisation et \u00e9tait en outre inexacte: les grandes \u00e9crivaines (George Sand, Colette \u2026) ont \u00e9t\u00e9 port\u00e9es aux nues d\u00e8s leur \u00e9poque, parfois justement parce que femmes.<br \/>\nQuoi qu\u2019il en soit, il s\u2019agit ici d\u2019un article sur les femmes italiennes dans la litt\u00e9rature de Belgique et je rel\u00e8ve que parmi les 70 auteur(e)s que nous avions recens\u00e9(e)s, dix-sept \u00e9taient des femmes, soit un pourcentage non n\u00e9gligeable de 25%. J\u2019ai voulu, dans cet article, voir ce qu\u2019elles \u00e9taient devenues mais aussi introduire dans ce panorama de femmes, de nouvelles venues qui continuent \u00e0 revendiquer des racines italiennes ou s\u2019en inspirent, et tenter de comprendre pourquoi certaines \u00e9cri-vaines n\u2019ont plus rien publi\u00e9 et d\u2019autres ont poursuivi une belle carri\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>1. Abandonner, \u00e9voluer<\/strong><br \/>\nParmi les dix-sept auteures recens\u00e9es en 1996, nombreuses sont celles dont je n\u2019ai pas retrouv\u00e9 trace.<br \/>\nQu\u2019est-devenue Teresa D\u2019Intino (1936), po\u00e9tesse marqu\u00e9e par son mariage par procuration et sa migration en Belgique? Elle \u00e9tait anim\u00e9e d\u2019une volont\u00e9 farouche \u201cd\u2019ouvrir \u00e0 tout prix les saintes portes blind\u00e9es de la litt\u00e9rature et du savoir\u201d. Apr\u00e8s avoir publi\u00e9 dans de nombreuses revues et trois recueils de po\u00e8mes, a-t-elle d\u00e9pos\u00e9 la plume qui anesth\u00e9siait ses blessures?<br \/>\nGiovanna Catelli (1944) qui d\u00e9crivait en touches sensibles autant les r\u00e9fugi\u00e9s du Centre d\u2019accueil que la p\u00e2tisserie bruxelloise o\u00f9 s\u2019approvisionnent les Italiens, a-t-elle continu\u00e9 \u00e0 \u00e9crire dans l\u2019autobus des vers r\u00e9dig\u00e9s tant en fran\u00e7ais qu\u2019en dialecte du Latium ou en italien?<br \/>\nEt Jenny D\u2019Imverno (1926) qui \u00e9crivait des po\u00e8mes et des contes en wallon, est-elle devenue centenaire?<br \/>\nPour Vanna Bianciardi Bastreghi (1931), je sais qu\u2019elle \u00e9tait rentr\u00e9e en Italie et que son autobiographie <em>Per amore e per arte<\/em> est parue \u00e0 titre posthume (Siena, Betti Editrice, 2021).<br \/>\nMais pour d\u2019autres (Anna Corrado, Anne-Marie Falisi, Enrica Bonanni, Maria Rodia Manno, Rita Mazzucchi \u2026) les informations me manquent totalement.<br \/>\nPar contre, un certain nombre de nos \u00e9crivaines ont \u00e9volu\u00e9 vers d\u2019autres formes d\u2019art. Ainsi, Solange Abbiati (1949), qui a \u00e9crit un tr\u00e8s beau po\u00e8me (en flamand) sur sa double appartenance, de m\u00e8re flamande et de p\u00e8re italien [2], a \u00e9volu\u00e9 vers la peinture. Est-ce pour ne pas entrer en concurrence avec son mari, le po\u00e8te Stefaan Van den Bremt, membre de l\u2019Acad\u00e9mie et couronn\u00e9 pour l\u2019ensemble de son \u0153uvre, dont elle a illustr\u00e9 le livre <em>In zee<\/em> (2020)?<br \/>\nAnita Beni (1950), n\u00e9e aussi d\u2019un mariage mixte, a vu son premier recueil de po\u00e9sie (<em>La mort de l\u2019enfant<\/em>) pr\u00e9fac\u00e9 par Marcel Broodthaers. Elle a continu\u00e9 \u00e0 \u00e9crire (<em>En vrac<\/em>, 2001) sur sa qu\u00eate d\u2019identit\u00e9 mais s\u2019est mise \u00e0 peindre et a aussi r\u00e9alis\u00e9 un film dans le m\u00eame esprit de r\u00e9alisation de soi.<br \/>\nJuliette Dellamaria (1938), qui \u00e9crivait en wallon, s\u2019est tourn\u00e9e \u00e9galement vers la peinture et des ateliers de cr\u00e9ativit\u00e9.<br \/>\nQuant \u00e0 Anita Nardon (1931), apr\u00e8s avoir publi\u00e9 vingt-sept ouvrages de po\u00e9sie, elle s\u2019est dirig\u00e9e vers les contes, la critique d\u2019art et les textes accompagnant des livres d\u2019art [3].<br \/>\nMais Carmelina Carracillo (1960) a continu\u00e9 \u00e0 \u00e9crire et publier en Belgique. Son livre <em>L\u2019Italienne<\/em> (EPO, 1999) a connu un certain succ\u00e8s et a \u00e9t\u00e9 suivi de recueils de courts po\u00e8mes [4].<br \/>\nPar ailleurs, Rossella Paschi (1950), qui avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit en Belgique o\u00f9 elle travaillait, a publi\u00e9 plusieurs ouvrages en Italie [5].<br \/>\nMais de nouvelles \u00e9crivaines aux origines italiennes ont surgi en Belgique et d\u2019autres, d\u00e9j\u00e0 r\u00e9pertori\u00e9es dans l\u2019<em>Anthologie<\/em>, ont affirm\u00e9 leur succ\u00e8s.<\/p>\n<p><strong>2. Les r\u00e9ussites: nicole malinconi<\/strong><br \/>\nNous nous pencherons d\u2019abord sur deux \u00e9crivaines qui ont poursuivi, pendant ces trente ann\u00e9es, une belle carri\u00e8re litt\u00e9raire.<br \/>\nNicole Malinconi (1946) avait d\u00e9j\u00e0 cinq publications \u00e0 son acquis lors de la parution de la Rital-litt\u00e9rature. Elle a \u00e9t\u00e9 propuls\u00e9e dans le monde des grands \u00e9diteurs parisiens gr\u00e2ce \u00e0 la publication de son ouvrage <em>H\u00f4pital silence<\/em> aux \u00c9ditions de Minuit. Elle a \u00e9crit ce livre poignant en 1985, alors que l\u2019avortement n\u2019\u00e9tait pas encore d\u00e9p\u00e9nalis\u00e9 en Belgique mais que le Docteur Peers le pratiquait par humanit\u00e9 \u00e0 la maternit\u00e9 provinciale de Namur o\u00f9 Nicole Malinconi \u00e9tait assistante sociale.<br \/>\nC\u2019est dans ce cadre professionnel qu\u2019elle a r\u00e9uni ce qu\u2019elle appelle les \u201cvignettes\u201d qui composent l\u2019ouvrage [6]. Elle dit avoir appris, lors de ses \u00e9tudes d\u2019assistante sociale, l\u2019accueil, l\u2019\u00e9coute, l\u2019empathie \u2026 et les avoir appliqu\u00e9s, collectant ainsi, sans l\u2019avoir cherch\u00e9, des s\u00e9quences de vie qui rapportent la vie des gens et plus souvent ici des femmes.<br \/>\nElle pr\u00e9cise qu\u2019elle n\u2019\u00e9crit pas de romans (avec un sc\u00e9nario et une intrigue), mais rapporte la vie humaine \u00e0 travers ces petites s\u00e9quences \u00e0 partir desquelles elle retravaille la langue comme le font les po\u00e8tes.<br \/>\nNicole Malinconi attribue modestement le fait que son livre <em>H\u00f4pital silence<\/em> ait \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 chez un grand \u00e9diteur parisien et ait \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s bien accueilli, diffus\u00e9 et vendu, au hasard! Elle avait envoy\u00e9 ce premier livre, sans suite, \u00e0 plusieurs \u00e9diteurs. Allant \u00e0 Paris, elle le porte aux Editions de Minuit et le met dans la bo\u00eete aux lettres. C\u2019est la gr\u00e8ve des postes. Lorsque le directeur des Editions arrive, la bo\u00eete aux lettres est vide, sauf le livre de Nicole Malinconi, qu\u2019il lit et accepte. Ce sera son premier succ\u00e8s. Pour ses autres publications, elle devra s\u2019adresser \u00e0 des \u00e9diteurs belges, dont certains \u00e9ph\u00e9m\u00e8res [7].<br \/>\nEn 2008, elle publiera cependant chez Deno\u00ebl (Paris) son livre d\u2019entretiens avec Mich\u00e8le Martin, la femme du criminel p\u00e9dophile Marc Dutroux, emprisonn\u00e9e elle-m\u00eame pour complicit\u00e9 de meurtres. En Belgique, le livre fera scandale et sera \u201ccass\u00e9\u201d par la critique.<br \/>\nQuel rapport \u00e0 l\u2019Italie?<br \/>\nNicole Malinconi a un p\u00e8re italien et a fait ses \u00e9tudes primaires en Italie, mais elle assure qu\u2019elle n\u2019en a acquis que peu de sp\u00e9cificit\u00e9s comme auteure. Elle n\u2019est pas \u00e0 l\u2019aise en italien au point de pouvoir \u00e9crire en italien. Lors d\u2019une chaire de po\u00e9tique, qu\u2019elle a occup\u00e9e \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Louvain en 2012, elle s\u2019explique avec gr\u00e2ce sur son bilinguisme [8].<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>J\u2019ai quitt\u00e9 l\u2019Italie trop t\u00f4t, je crois, pour avoir appris \u00e0 baigner dans la langue, dans son vocabulaire, et surtout pour pouvoir l\u2019\u00e9crire un jour. Le fran\u00e7ais a donc repris le dessus, malgr\u00e9 ses apparences d\u2019oubli\u00e9. On pourrait se demander d\u2019ailleurs ce qu\u2019il advient, en soi-m\u00eame, d\u2019une langue que l\u2019on cesse pour longtemps de parler; que deviennent les accents, intonations, tournures et m\u00eame les mots dont vous ne deviez m\u00eame pas d\u00e9cider en parlant, quand petit \u00e0 petit ils n\u2019habitent plus votre voix ? O\u00f9 cela va-t-il s\u2019enfouir et s\u2019enraciner pour que n\u00e9anmoins, quand il le faut un jour, tout cela vous revienne, h\u00e9sitant d\u2019abord, pas s\u00fbr de soi, mais que cela reparte comme repart \u00e0 la lumi\u00e8re une plante \u00e9tiol\u00e9e d\u2019\u00eatre rest\u00e9e trop longtemps dans l\u2019obscurit\u00e9. La langue de mon p\u00e8re, elle, je l\u2019ai apprise, oui, mais t\u00f4t dans l\u2019\u00e2ge, avant l\u2019\u00e2ge fatidique au-del\u00e0 duquel vous apprendrez les mots, la grammaire, les tournures, oui, mais non plus la mani\u00e8re d\u2019articuler ni les intonations. Me revient ainsi ma langue d\u2019enfance, pauvre en mots, priv\u00e9e de la truculence italienne, mais avec pourtant l\u2019accent et la prononciation de l\u00e0-bas, sa sonorit\u00e9; c\u2019est par l\u00e0 que la langue de mon p\u00e8re est devenue mienne et qu\u2019aujourd\u2019hui, bien que je n\u2019\u00e9crive pas en italien, elle agit dans mon travail d\u2019\u00e9criture en langue fran\u00e7aise comme si elle aiguisait mon attention \u00e0 la musique des mots, \u00e0 leur place, et peut-\u00eatre, \u00e0 leur torsion. Mais peut-\u00eatre agit-elle aussi parce qu\u2019elle est sa langue \u00e0 lui et que, s\u2019il n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 l\u00e0, l\u2019\u00e9tranger de Nous deux, je n\u2019aurais pas \u00e9crit.<\/em><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 un certain \u201cd\u00e9ni d\u2019italianit\u00e9\u201d, dans son ouvrage Nous deux, son p\u00e8re est bien l\u2019\u00e9tranger au couple fusionnel m\u00e8re\/fille, quant \u00e0 son livre <em>A l\u2019\u00e9tranger (2003)<\/em>, il est consacr\u00e9 \u00e0 son enfance en Italie et <em>Da solo<\/em> est enti\u00e8rement consacr\u00e9 \u00e0 son p\u00e8re italien. Traduit en italien, sous forme de monologues, le texte a \u00e9t\u00e9 port\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre par Angelo Bison. En 2017, un metteur en sc\u00e8ne fran\u00e7ais, Jean-Claude Berutti, avait aussi adapt\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre des extraits d\u2019<em>Un grand amour<\/em>, le livre que Malinconi a \u00e9crit \u00e0 propos de la femme du commandant du camp de Treblinka.<\/p>\n<p><strong>3. Les r\u00e9ussites: thilde narboni<\/strong><br \/>\nla deuxi\u00e8me \u201cvedette\u201d, ayant \u00e9merg\u00e9 du corpus des femmes r\u00e9pertori\u00e9es lors de la parution de la <em>Rital-litt\u00e9rature<\/em> est Thilde Barboni (1956), l\u2019une des plus jeunes \u00e9crivaines italo-belges recens\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9poque dans l\u2019anthologie. Elle aussi est issue d\u2019un mariage mixte, avec une m\u00e8re hollandaise et un p\u00e8re italien. Apr\u00e8s des \u00e9tudes de traductrice\/interpr\u00e8te et de psychologue, elle a entam\u00e9, en parall\u00e8le avec sa carri\u00e8re professionnelle d\u2019enseignante \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Mons, un parcours de romanci\u00e8re f\u00e9conde (plus de dix romans publi\u00e9s).<br \/>\nLe livre qui fait le plus appel \u00e0 ses origines italiennes est certainement <em>Affaires de famille<\/em> o\u00f9 elle m\u00eale des souvenirs \u00e0 la trame du roman.<br \/>\nMais son dernier ouvrage, <em>Les enfants de Cinecitt\u00e0<\/em>, \u2013 curieusement d\u2019abord \u00e9dit\u00e9 en italien \u2013 est aussi ponctu\u00e9 de lieux que sa famille paternelle a fr\u00e9quent\u00e9s en \u201cEtrurie\u201d et de personnages cueillis parmi les Italiens de Wallonie, tel ce cousin de Belgique, travailleur de la mine et communiste [9].<br \/>\nThilde Barboni ne s\u2019est pas confin\u00e9e au genre du roman et a embrass\u00e9 de multiples expressions artistiques: deux de ses pi\u00e8ces ont \u00e9t\u00e9 mont\u00e9es au Th\u00e9\u00e2tre du Parc, elle r\u00e9dige aussi des feuilletons radio et a r\u00e9alis\u00e9 de nombreux sc\u00e9narios de bandes dessin\u00e9es \u00e9dit\u00e9es chez Dupuis. Ses romans ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s chez des \u00e9diteurs tr\u00e8s divers.<\/p>\n<p><strong>4. Les nouvelles venues<\/strong><br \/>\nNotre corpus s\u2019est \u2013 fort heureusement \u2013 renouvel\u00e9: des femmes d\u2019origines italiennes de premi\u00e8re, deuxi\u00e8me et troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration, qui n\u2019ont pu \u00eatre r\u00e9pertori\u00e9es dans la <em>Rital-litt\u00e9rature<\/em> en 1996, sont entr\u00e9es dans notre panorama. Nous en retiendrons six.<br \/>\nLa premi\u00e8re est Olinda Slongo dont le livre, sorti en 1999, n\u2019\u00e9tait pas encore paru pour \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 dans l\u2019anthologie. <em>Et elle a voulu sa part, cette roche obscure<\/em> (Cuesmes [Mons], \u00c9ditions du Cerisier) est une autobiographie, sous forme d\u2019un petit r\u00e9cit de 128 pages. L\u2019auteure \u00e9voque son enfance rude dans le Nord de l\u2019Italie, les humiliations qu\u2019elle y a subies. Elle suit \u00e0 Li\u00e8ge son mari mineur mais celui-ci est malade de silicose et la vie n\u2019est pas simple \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. Devenue veuve, elle travaillera dans une usine d\u2019armement pour permettre \u00e0 ses deux enfants d\u2019\u00e9tudier, mais apprendra aussi la langue fran\u00e7aise pour se lancer dans l\u2019\u00e9criture.<br \/>\nLes autobiographies de mineurs italiens sont nombreuses mais ici l\u2019originalit\u00e9 du r\u00e9cit provient justement du fait qu\u2019il s\u2019agit du regard d\u2019une femme sur cette immigration, r\u00e9dig\u00e9 dans un langage simple et efficace qui t\u00e9moigne de sa dignit\u00e9 retrouv\u00e9e. Le livre fut un v\u00e9ritable succ\u00e8s de librairie, r\u00e9\u00e9dit\u00e9 en 2007, et devenu un \u201cclassique\u201d fr\u00e9quemment propos\u00e9 comme base p\u00e9dagogique \u00e0 des \u00e9l\u00e8ves et \u00e0 des apprenants \u00e9trangers.<br \/>\nCathie-Anna Mirto (1966) a publi\u00e9 aux Editions du CEFAL de Li\u00e8ge en 2002 son r\u00e9cit de vie, intitul\u00e9 <em>l\u2019Ellipse<\/em>. Elle est alors une jeune adulte, qui s\u2019interroge sur les deux ports d\u2019attache qui l\u2019\u00e9cart\u00e8lent entre Bruxelles et les Pouilles. Son mariage avec un jeune Italien lui donne l\u2019impression en l\u2019amenant vivre \u00e0 Bruxelles de recommencer la vie d\u2019\u00e9migr\u00e9 de son p\u00e8re. Le titre de l\u2019ouvrage (<em>L\u2019Ellipse<\/em>) peut se comprendre comme un manque ressenti en situation d\u2019immigration: il nous manque des morceaux de la vie des autres, des ann\u00e9es \u201comises\u201d. L\u00e0-bas, se sont-ils seulement aper\u00e7us de notre absence?<br \/>\nParall\u00e8lement \u00e0 sa profession de professeure de fran\u00e7ais, enseignant surtout \u00e0 des immigr\u00e9s de fra\u00eeche date, elle a continu\u00e9 \u00e0 \u00e9crire et pr\u00e9pare un nouveau livre lorsque je l\u2019interviewe [10]. Il s\u2019agit, cette fois, de t\u00e9moigner de l\u2019effacement de l\u2019\u00e9poque qu\u2019elle a connue enfant, adolescente, puis jeune femme. \u201cSon\u201d village est devenu une banlieue populaire de Bari. \u201cSa\u201d maison a \u00e9t\u00e9 d\u00e9grad\u00e9e puis ras\u00e9e et remplac\u00e9e par un immeuble \u00e0 \u00e9tages, avec des appartements modernes. Le jardin est devenu b\u00e9ton. Ceux qu\u2019elle aimait sont morts et elle n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9sente \u00e0 ce moment crucial. Ceux qui restent n\u2019ont pas besoin d\u2019elle. Ils ne savent toujours pas \u00e9crire son nom!<br \/>\nL\u2019euphorie du retour en Italie est pass\u00e9e. Elle et son mari sont d\u00e9sormais vieux, assis sur un banc, qui regardent passer et qui doivent oublier ce monde qui s\u2019efface. Cathie-Anna Mirto, qui aime \u00e9crire depuis toujours, mais ne se d\u00e9finit pas comme \u201c\u00e9crivaine\u201d, pense que l\u2019\u00e9criture peut \u00eatre th\u00e9rapie.<br \/>\nEn 2012, V\u00e9ronique Gallo (1976), enseignante, humoriste et com\u00e9dienne, publie son premier roman. Dans <em>Tout ce silence<\/em>, elle raconte la derni\u00e8re ann\u00e9e de sa \u201cNonna\u201d, une Italienne immigr\u00e9e au fichu caract\u00e8re. La sachant condamn\u00e9e, l\u2019auteure lui avait promis de ne pas la quitter et va l\u2019entourer d\u2019une tendresse infinie [11].<br \/>\nEn 2023, le quotidien \u201c<em>La Libre Belgique\u201d titre La Belgique \u00e0 nouveau prim\u00e9e \u00e0 Bologne<\/em>\u201d [12]. Le prix de la Premi\u00e8re \u0153uvre a effectivement \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 \u00e0 Laura Simonati. Son livre <em>Mariedl, une histoire gigantesque<\/em> est publi\u00e9 chez l\u2019\u00e9ditrice Versan belge Sud. Est-elle pour autant une auteure belge, ou italienne ou encore italo-belge? La jeune femme a bien termin\u00e9 ses \u00e9tudes d\u2019illustration et graphisme \u00e0 l\u2019\u00e9cole de La Cambre \u00e0 Bruxelles (Ecole nationale sup\u00e9rieure des arts visuels) mais est n\u00e9e \u00e0 V\u00e9rone et a commenc\u00e9 ses \u00e9tudes en Italie. L\u2019histoire qu\u2019elle a imagin\u00e9e, \u00e0 partir de l\u2019histoire vraie d\u2019une femme exceptionnellement grande, confront\u00e9e aux bassesses de la soci\u00e9t\u00e9, a s\u00e9duit le jury de la Foire du livre pour enfants et ce succ\u00e8s a donn\u00e9 l\u2019envie \u00e0 Laura Simonati de continuer \u00e0 travailler sur de nouveaux livres qu\u2019elle entend proposer \u00e0 la m\u00eame \u00e9ditrice.<br \/>\nLe livre publi\u00e9 par une autre \u00e9crivaine italo-belge a de quoi choquer bien des chercheurs puisqu\u2019il s\u2019intitule <em>L\u2019art de ne pas lire!<\/em> [13] Elisa Sartori (1990) se revendique comme Belge mais est n\u00e9e \u00e0 Cr\u00e9mone (Italie). Dyslexique, elle n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 lire avant l\u2019\u00e2ge de 10 ans et ce livre est une revanche sur tous les livres qu\u2019on lui a offerts et qu\u2019elle n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 lire. Selon elle, le livre peut faire souffrir. Son livre accord\u00e9on <em>Je connais peu de mots<\/em> [14]a obtenu le prix de la Premi\u00e8re \u0153uvre litt\u00e9raire jeunesse de la F\u00e9d\u00e9ration Wallonie-Bruxelles. Il se d\u00e9plie en huit volets et se lit recto-verso \u00e0 l\u2019infini. Autant destin\u00e9 aux adultes qu\u2019aux jeunes, Elisa Sartori y approche, de mani\u00e8re l\u00e9g\u00e8re et dr\u00f4le, l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 langagi\u00e8re. Elle confie au journaliste Michel Torrekens [15]: \u201cJ\u2019ai essay\u00e9 d\u2019\u00e9crire le livre que j\u2019aurais voulu lire\u201d.<br \/>\nEl\u00e9onore de Duve (1989) est une avocate qui a imagin\u00e9 pour son premier roman une fiction ouvri\u00e8re. Elle y relate l\u2019histoire d\u2019un paysan venu des Pouilles, devenu mineur. <em>Donato<\/em>, qui donne son nom au roman, est un hommage \u00e0 la transhumance [16] et \u00e0 son grand-p\u00e8re maternel.<\/p>\n<p><strong>4. Une \u201cfausse italienne\u201d<\/strong><br \/>\nUne place particuli\u00e8re doit \u00eatre r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 une \u00e9crivaine dont toute l\u2019\u0153uvre respire l\u2019Italie mais qui n\u2019est pas italienne. Christiana (sic) Moreau (1994) n\u2019a, en effet, ni parents, ni grands-parents italiens. Elle est la fille d\u2019un m\u00e9tallurgiste wallon de Seraing et sa m\u00e8re est n\u00e9e \u00e0 Li\u00e8ge [17]. On a toujours parl\u00e9 le wallon chez elle, mais elle ajoute: \u201cles ouvriers italiens le parlaient aussi, avec un dr\u00f4le d\u2019accent\u201d. Depuis sa jeunesse, elle a milit\u00e9 dans les organisations de gauche. Elle est \u201ctomb\u00e9e en amour\u201d de l\u2019Italie \u00e0 travers les villes d\u2019art, les mus\u00e9es et a \u00e9pous\u00e9 un italien. Pour communiquer avec sa belle-m\u00e8re, qui ne parlait presque pas fran\u00e7ais, elle a commenc\u00e9, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ses activit\u00e9s professionnelles et artistiques, \u00e0 fr\u00e9quenter des cours d\u2019italien. Tous ses romans ont un lien avec l\u2019Italie: <em>La sonate oubli\u00e9e<\/em> (2017) r\u00e9unit Lionella de Seraing et Ada de Venise. <em>Cachemire rouge<\/em> (2021) se centre sur les travailleuses du textile \u00e0 Prato. Dans <em>La dame d\u2019argile<\/em>, Sabrina h\u00e9rite de sa \u201cNonna Angela\u201d d\u2019un buste qui s\u2019av\u00e9rera myst\u00e9rieux et le grand-p\u00e8re de Sabrina \u00e9tait venu d\u2019Italie pour travailler \u00e0 la mine. <em>La nuit de la tarentelle<\/em>, ouvrage pour lequel Christina Moreau a obtenu le Prix litt\u00e9raire des Rotary clubs de langue fran\u00e7aise en 2023, se d\u00e9roule dans les Pouilles et met en sc\u00e8ne Nonna Rafaella aux prises avec le patriarcat. Plusieurs des ouvrages de cette \u00e9crivaine prolixe ont \u00e9t\u00e9 traduits \u2026 en italien [18].<br \/>\nJe choisirai donc \u2013 arbitrairement \u2013 de la classer parmi nos \u201cfemmes italiennes\u201d de la litt\u00e9rature de Belgique en tant qu\u2019italo-belge d\u2019adoption!<\/p>\n<p><strong>5. Pourquoi le succ\u00e8s des certaines?<\/strong><br \/>\nJe ne pourrais cl\u00f4turer ce panorama \u2013 qui devrait id\u00e9alement reprendre aussi les nombreuses cr\u00e9ations de femmes italiennes dans le cadre du \u201cTh\u00e9\u00e2tre Action\u201d wallon [19] \u2013 sans poser la question de la r\u00e9ussite (ou non) de ces \u00e9crivaines. Thilde Barloni assure que la recette du succ\u00e8s tient en quelques mots-cl\u00e9s: sant\u00e9, talent, travail et volont\u00e9 [20].<br \/>\nCes facteurs sont certainement indispensables mais y a-t-il d\u2019autres points communs entre celles qui ont le mieux \u201cr\u00e9ussi\u201d?<br \/>\nJ\u2019avance en ce domaine quelques hypoth\u00e8ses. Le choix de la langue utilis\u00e9e me semble d\u00e9terminant. Jenny D\u2019Inverno et Juliette Dellamaria \u00e9crivant en wallon, comme Giovanna Catelli en dialecte du Latium, ne pouvaient \u00e9videmment toucher un public tr\u00e8s large ni int\u00e9resser un \u201cgrand\u201d \u00e9diteur pouvant les diffuser. Le succ\u00e8s en Belgique francophone passe par la ma\u00eetrise du fran\u00e7ais (et peut \u00e9ventuellement se prolonger par une traduction en italien).<br \/>\nUn autre point commun entre les \u00e9crivaines les plus connues est leur ascendance mixte. Nicole Malinconi et Thilde Barboni (mais aussi Anna Mirto) ont des parents d\u2019origines diff\u00e9rentes. Elles ont v\u00e9cu tr\u00e8s jeunes le bilinguisme, les diff\u00e9rences culturelles, dont elles se sont enrichies.<br \/>\nLes \u00e9crivaines qui ont obtenu un certain succ\u00e8s sont aussi celles qui ont eu la chance de faire des \u00e9tudes sup\u00e9rieures. Elles connaissent les rouages culturels et ont commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire jeunes.<br \/>\nElles savent aussi quels sont les genres litt\u00e9raires les plus pris\u00e9s. La po\u00e9sie, qui a tent\u00e9 beaucoup de femmes de notre ancienne anthologie, n\u2019est plus gu\u00e8re publi\u00e9e ni achet\u00e9e, au contraire de la prose, de la B.D. ou du th\u00e9\u00e2tre. Olinda Slongo a connu un beau succ\u00e8s de librairie avec son autobiographie (r\u00e9\u00e9dit\u00e9e en 2007) mais il ne pouvait s\u2019agir que d\u2019un ouvrage isol\u00e9 car elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e2g\u00e9e lors de sa publication et elle y avait mis le contenu de toute sa\u00a0vie.<br \/>\nEn outre, m\u00eame si elles s\u2019en d\u00e9fendent, nos \u00e9crivaines \u00e0 succ\u00e8s se sont d\u00e9ploy\u00e9es \u00e0 travers des \u201cr\u00e9seaux\u201d. Nicole Malinconi assure ne gu\u00e8re fr\u00e9quenter les mondanit\u00e9s ni ses pairs. Mais si le monologue<em> Da solo<\/em> a \u00e9t\u00e9 traduit en italien et port\u00e9 \u00e0 la sc\u00e8ne, c\u2019est parce qu\u2019elle a rencontr\u00e9 Angelo Bison \u00e0 la caf\u00e9t\u00e9ria du Th\u00e9\u00e2tre des Martyrs et qu\u2019elle l\u2019avait vu pr\u00e9c\u00e9demment dans <em>La fabrica<\/em>. Son livre d\u2019entretiens avec Mich\u00e8le Martin sera traduit en espagnol par un \u00e9diteur d\u00e9couvert lors d\u2019une rencontre litt\u00e9raire [21]. Elle a rencontr\u00e9 Gabriel Belgeonne, dont elle accompagnera de ses textes les lithographies, alors qu\u2019elle \u00e9tait attach\u00e9e de presse. Des extraits de son livre <em>Un grand amour<\/em> seront adapt\u00e9s pour le th\u00e9\u00e2tre par un ami metteur en sc\u00e8ne fran\u00e7ais, Jean-Claude Berutti. Les milieux qu\u2019elle fr\u00e9quente, m\u00eame professionnellement (attach\u00e9e de presse, Mus\u00e9e Rops, Maison de la po\u00e9sie) sont \u00e9videmment plus propices \u00e0 des rencontres utiles \u00e0 la litt\u00e9rature.<br \/>\nThilde Barboni aussi conna\u00eet certains r\u00e9seaux utiles. Des journalistes qui lui \u00e9taient proches ont pu faire \u00e9cho \u00e0 ses livres. Son r\u00e9seau amical comme professionnel est centr\u00e9 en Belgique. Participant \u00e0 un \u201cmagasin d\u2019\u00e9criture th\u00e9\u00e2trale\u201d, elle fait la lecture d\u2019une de ses pi\u00e8ces devant le directeur du Th\u00e9\u00e2tre du Parc (Yves Larec) qui la pr\u00e9sentera pendant un mois dans son th\u00e9\u00e2tre [22]. Barboni a rencontr\u00e9 des \u00e9diteurs (comme Christian Lutz-Le Cri), a \u00e9crit des feuilletons radios et sc\u00e9naris\u00e9 des romans graphiques \u00e0 la suite de rencontres. Rencontre avec la dessinatrice S\u00e9raphine pour <em>Rose d\u2019Elisabethville<\/em> (Dupuis) ou Olivier Cinna pour <em>Hibakusha<\/em>, dessin\u00e9 \u00e0 partir d\u2019une nouvelle de Barboni.<br \/>\nLes contacts sont donc essentiels pour mener \u00e0 bien une carri\u00e8re et sont peu envisageables pour certaines \u00e9crivaines, isol\u00e9es, timides ou sans relations sociales. Barboni m\u2019a re\u00e7ue d\u2019ailleurs \u00e0 la \u201cMaison des autrices et auteurs\u201d \u00e0 Bruxelles, qui lutte pour le statut des auteurs mais est aussi un lieu de rencontre, plus \u201cprofessionnel\u201d qu\u2019un domicile ou un caf\u00e9. Un lieu peut-\u00eatre aussi d\u2019\u00e9mulation et d\u2019inspiration o\u00f9 croiser des journalistes. \u201cUne chose en entra\u00eene une autre\u201d, me dit Thilde Barboni. Sortir d\u2019un premier livre, m\u00eame bien re\u00e7u, pour faire une carri\u00e8re litt\u00e9raire est une construction patiente que toutes nos \u00e9crivaines n\u2019ont pu mener \u00e0 bien et pour laquelle sant\u00e9, talent, travail et volont\u00e9 ne suffisent sans doute pas toujours.<\/p>\n<p>[1] <em>Rital \u2013 litt\u00e9rature \u2013 Anthologie de la litt\u00e9rature des Italiens de Belgique<\/em>, coord. par Anne Morelli, Centro studi e documentazione dell\u2019emigrazione italiana in Belgio (CESDEI), Cuesmes (Mons), Editions du Cerisier, 1996.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">[2] En traduction fran\u00e7aise, \u00e0 partir du po\u00e8me en n\u00e9erlandais <em>Complex, complex<\/em>, cela donne:<br \/>\n<em>Quand ton p\u00e8re s\u2019est \u00e9duqu\u00e9 lui-m\u00eame dans les rues de la ville,<\/em><br \/>\n<em>si ta m\u00e8re a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e brutalement dans les champs<\/em><br \/>\n<em>quand ton p\u00e8re porte en lui<\/em><br \/>\n<em>la limpide M\u00e9diterran\u00e9e<\/em><br \/>\n<em>et ta m\u00e8re l\u2019opaque mer du Nord,<\/em><br \/>\n<em>comprends-tu alors<\/em><br \/>\n<em>combien il m\u2019est difficile de choisir<\/em><br \/>\n<em>entre ce qu\u2019ils ont cousu ensemble en moi,<\/em><br \/>\n<em>avec autant de tissu,<\/em><br \/>\n<em>avec autant de fil,<\/em><br \/>\n<em>comme s\u2019ils ne pouvaient faire autrement\u00a0<\/em><\/p>\n<p>[3] Notamment du peintre Salvatore Gucciardo.<\/p>\n<p>[4] <em>Fugacit\u00e9s, En vase clos<\/em>. Il s\u2019agit d\u2019ha\u00efkus, des po\u00e8mes courts sur le mod\u00e8le japonais.<\/p>\n<p>[5] En 2011, <em>Il segretario di Nino. Un ebreo triestino nella resistenza<\/em>, un volume de 304 pages sur Arturo Paschi. En 2020, <em>Cronaca di un suicidio mancato<\/em>.<\/p>\n<p>[6] Entretien du 19 mars 2024 entre Nicole Malinconi et l\u2019auteure de l\u2019article.<\/p>\n<p>[7] Labor, Luce Wilkin, Esperlu\u00e8te, Le Grand Miroir, Les Eperonniers.<\/p>\n<p>[8] Nicole Malinconi, <em>Que dire de l\u2019\u00e9criture?<\/em>, Louvain, Lansman, 2014, pp. 36-37.<\/p>\n<p>[9]<em> Les enfants de Cinecitt\u00e0<\/em>, Louvain-la-Neuve, Academia, 2022, pp 134-136. En italien, le livre est paru sous le titre: <em>Lo chiamavano Tony Barber<\/em>, Bruxelles, Editions Mincione, 2021.<\/p>\n<p>[10] Le 16 mai 2024. Le titre provisoire du livre serait <em>Le solin diaphane<\/em>.<\/p>\n<p>[11] Publi\u00e9 chez Descl\u00e9e De Brouwer. Elle publiera par la suite <em>Pour quand tu seras grande<\/em>, portrait d\u2019une femme \u00e0 bout de nerfs, et <em>L\u2019entropie des sentiments<\/em>.<\/p>\n<p>[12] 7 mars 2023. La F\u00e9d\u00e9ration Wallonie-Bruxelles lui a ensuite attribu\u00e9 un prix litt\u00e9raire (Espi\u00e8gles), le 20 novembre 2023.<\/p>\n<p>[13] Editions Cotcotcot.<\/p>\n<p>[14] M\u00eames \u00e9ditions 2021.<\/p>\n<p>[15] \u201cLe Ligueur\u201d, f\u00e9vrier 2024, p. 8, Elle a aussi \u00e9crit en 2023 le texte de l\u2019album <em>Les polis Topilins<\/em>.<\/p>\n<p>[16] <em>Donato<\/em>, publi\u00e9 en 2023 aux \u00e9ditions Corti.<\/p>\n<p>[17] Interview du 10 f\u00e9vrier 2024.<\/p>\n<p>[18] <em>La sonata perduta, La dama di creta, Cachemire rosso<\/em> \u2026 Seul Soie sauvage (2022) ne semble pas reli\u00e9e \u00e0 l\u2019Italie.<\/p>\n<p>[19] Certaines de ces cr\u00e9ations, souvent \u00e9ph\u00e9m\u00e8res, ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es. Par exemple, une r\u00e9cente pi\u00e8ce, jou\u00e9e \u00e0 La Louvi\u00e8re le 19 avril 2024, intitul\u00e9e <em>Espresso et bigoudis<\/em>, est enti\u00e8rement la cr\u00e9ation de femmes italiennes.<\/p>\n<p>[20] Interview du 26 f\u00e9vrier 2024.<\/p>\n<p>[21] Interview du 19 mars 2024.<\/p>\n<p>[22] Interview du 26 f\u00e9vrier 2024.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a presque trente ans paraissait une Anthologie de la litt\u00e9rature des Italiens de Belgique [1]. 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